La date Fatidique, Juin 1944
Le 6 juin 1944, le triomphe est arrivé contre la barbarie Nazi en France. Enfin ! Le débarquement sur les côtes de Normandie a eu lieu ! Les réseaux de Résistance restent à l’affût des messages émis sur « Radio-Londres » afin d’écouter les instructions à suivre.
Le 8 juin, comme tant d’autres résistants, Louis Monchy, Marcel Sagnol, Narcisse Houque et Alfred Josien ont reçu le message codé « Le canapé est au milieu du salon ». C’est une confirmation d’un ordre. Ces quatre jeunes Bullygeois n’hésitent pas une seconde, ils se rendent au « Café de l’étoile », commerce familial tenu par une amie et camarade de la Résistance, François Goulois. Ces cinq Bullygeois font tous partie des F.T.P *1. Cependant, un concours de circonstances, empêche Françoise de se joindre à eux pour cette mission. En effet, sa mère est souffrante. Les garçons quittent donc le café. Sans doute, se promettent-ils tous de se rejoindre à nouveau au « café de l’étoile » quand tout sera terminé, pour célébrer dans l’allégresse la libération de la France.
Ils sont exaltés de prendre activement part à la Libération, en se joignant aux F.F.I *2. Ils convergent vers Cambrai. En chemin, ils rencontrent des Français qui les alertent sur les zones à risques, où les patrouilles allemandes sont actives. Sont-ils conscients de la sournoiserie de Français qui continuent de collaborer avec l’ennemi ? Car inlassablement, ils reportent, dénoncent malgré le débarquement en Normandie.
Le 10 juin, les quatre résistants pénètrent dans le bois de Bourlon. Ils restent sur leurs gardes, mais le 11 au soir, les autorités allemandes encerclent le bosquet où sont embusqués une cinquantaine de résistants. Les Allemands somment de se rendre mais les résistants ne faiblissent pas. S’en suit une fusillade entre les deux groupes. Par leur ténacité, les résistants font tomber 23 soldats allemands, dont le capitaine et commandant du détachement. Faute de munitions, les hostilités cessent vers 2H du matin. Les résistants épuisés tentent de s’échapper, certains y parviennent, d’autres sont débusqués et faits prisonniers, emmenés à l’école du village. Louis, Marcel, Alfred et Narcisse font partie de ces infortunés.
Ils sont transférés à Arras, quartier Turenne. Jugés sommairement par la justice arbitraire du tribunal de l’Oberfeldkommandantur. 28 résistants sont condamnés à mort. Pour eux, c’est le peloton d’exécution, le mercredi 14 juin de 20h15 à 21h06, ils sont fusillés par groupe de 6, dans les fossés de la citadelle d’Arras. Les dépouilles de martyre sont jetées dans la fosse commune, recouverts de chaux-vive et de terre, comme pour nier l’existence de ces crimes de guerre, commis par l’occupant Nazi.